Faire confiance au lien intergénérationnel


Audrey Rochas a fondé l’agence de communication digitale « Creative Slashers » en 2013. Aujourd’hui membre de la commission Startup et International, cette « startupeuse » appréhende les seniors comme une richesse de compétences incroyable.
FFSenior : Pouvez-vous nous présenter votre entreprise ?
Audrey Rochas : Creative Slashers, né en 2013, est une agence digitale qui faisait d’une part des sites web et d’autre part de la formation dans les écoles. Nous nous sommes vite aperçus qu’il y avait un besoin côté formation et nous nous sommes donc orientés vers des missions de conseil sur le digital. Aujourd’hui, nos missions s’articulent essentiellement autour de l’accompagnement et de la formation au digital, qu’il s’agisse de stratégie marketing ou de processus internes.
Quelles sont vos principales particularités dans ce milieu concurrentiel ?
AR : Nous sommes encore une entreprise en développement et c’est un de nos atouts vis-à-vis de nos clients. Nous pouvons accompagner des structures similaires en terme de taille car nous comprenons bien leurs problématiques de ressources et de gestion du temps. Cela nous permet aussi de faire de l’accompagnement personnalisé. Nous prenons le temps de comprendre les besoins du client, ses interrogations, ses objectifs. Nous élaborons une stratégie au plus près de ses attentes et nous les formons au fur et à mesure. C’est un peu comme apprendre à faire du vélo à un enfant.

Concernant votre nom, Creative, on comprend bien, mais slashers ?
AR : Slashers, c’est un peu un tout. C’est le signe « slash » qui permet de séparer les activités. Au départ, nous étions trois sur la création de la startup, et si nous avions nos spécialités, chacun avait plusieurs passions. Le directeur artistique est aussi cuisinier, le développeur est photographe et moi-même j’ai plusieurs vies. Slashers c’est aussi le modèle de fonctionnement d’une startup, à l’anglo-saxonne. La gestion du temps est différente, il n’y a pas d’horaire. Nous travaillons beaucoup, parfois la nuit, mais cela ne nous empêche pas de prendre deux heures de repos en journée si nous ne sommes pas efficaces. Et c’est aussi le côté multitâches... Le boulot est fini ? Oui, mais maintenant il faut s’occuper de la comptabilité, de l’administratif, etc.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?
AR : Pour commencer, je n’entre dans aucune case. Je me suis d’abord lancée dans des études dans le domaine du paramédical durant trois ans avant de m’apercevoir que ce n’était pas pour moi. Je suis donc partie sur les bancs de la fac d’anglais car j’avais cette chance d’être bilingue. Puis j’ai intégré l’Institut Français de Presse à ASSAS. En parallèle, j’étais chargée de communication dans le secteur des services de luxe. Je suis sortie de mes études à 27 ans, j’ai ouvert ma première entreprise à 29 ans. Depuis je l’ai fermée et j’ai entrepris cette nouvelle aventure avec Creative Slashers en 2013, en m’associant avec un ami directeur artistique.

Votre entreprise est maintenant adhérente à la Fédération Française du Senior et sa commission Startup et International. Pourquoi cet intérêt pour les seniors ?
Parce que je crois au lien intergénérationnel. Au début pour moi, on devenait senior à partir de 60 ou 65 ans. Puis j’ai appris que c’était plutôt à partir de 45 ans selon les critères. J’y ai vu une incroyable source de richesse de compétences. Moi-même j’ai été accompagnée par des seniors lors de la création de mon entreprise. Ce sont des gens qui m’ont transmis leurs savoirs, leurs expériences. Ils ont un meilleur regard que nous car ils ont déjà du recul, ils sont curieux aussi. En fait, discuter avec des seniors, qu’importe l’âge, c’est toujours très intéressant car ils ont beaucoup à transmettre.